Le musée imaginaire de Walter Benjamin: notes sur le sens politique des objets de mémoire
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Resumen
L’enfance: bien peu de matières se révèlent si fascinantes pour l’acte créateur; rares sont les expériences aussi incitatives que «faire ça»: évoquer ses souvenirs d’enfance. Nouvelle dans la «carte» des expériences à penser —sa «découverte» ne daterait que de l’époque moderne— l’enfance relève d’un immense pays sur le plan imaginaire, tel ce vaste domaine où Rilke exhortait le jeune poète à récolter l’aliment de son écriture: «Même si vous étiez dans une prison, dont les murs étoufferaient tous les bruits du monde, ne vous resterait-il pas toujours votre enfance, cette précieuse, cette royale richesse, ce trésor de souvenirs ?» (Rilke, 1937, p. 20). S’agissant d’une expérience universelle, nous serions tous enclins à dire «oui» à la place du jeune poète, tant le dessein de reconstituer l’enfance par l’écriture s’estime réalisable. Et pourtant, si heureuse semble-t-elle, si nécessaire même, quiconque s’aventure à l’écriture de l’enfance passe peu à peu de l’enthousiasme à l’embarras.
